Poésie Manuel Rivas
Anthologie poétique bilingue de Manuel Rivas, réunie et traduite du galicien par Paloma León
Lire à Limoges
Nos yeux maudits
A l'occasion de la rentrée littéraire, David M. Thomas revient avec Nos yeux maudits, deuxième volet de sa trilogie dédiée aux républicains espagnols, entamée l'an dernier avec Un plat de sang andalou.

Le livre sera disponible le 26 août en librairie.
Dans la vitrine de cette boulangerie du Salzkammergut, tu te regardes et vois un petit homme abjecte et risible qui croit pouvoir déjouer le Reich et s’évertue à être tout sauf un combattant antifasciste. Ta brigade ? Deux hommes et une femme contre l’univers — barbelés, croix gammée, talons claqués — de millions de soldats, policiers, mouchards, SS. Trois contre une machine d’extermination colossale, et le camp de concentration de Mauthausen : mille fois mille enfers. Marco y est. Il a fait la guerre d’Espagne avec toi. Tu veux le sauver, non ? Lui qui incarne tout ce qui est beau chez l’homme. Tournant le dos à l’Irlande et son exil, vous êtes donc partis. Sans imaginer que ce qui vous attendait ici était l’indicible. L’innommable.
Après Un plat de sang andalou, David M. Thomas nous livre un deuxième roman lumineux, scrupuleusement fidèle au cadre historique, qui sonde l’épisode le plus sombre de l’iliade des républicains espagnols.
« Ils sont tout blêmes, les autres, le regard rivé sur quelque chose derrière moi. Je me retourne lentement, vois un homme, si c’est un homme, sa tête hideusement gonflée, presque noire, faisant corps avec sa poitrine, ses bras tendus derrière lui, ses poignets attachés par une corde à un grand anneau de fer dans le mur. Tout son être suspendu sur la pointe des pieds. L’estrapade. Hardes brunâtres. Des gouttes rouges éclaboussent les dalles. Il sue le sang de tout son corps. On est au jardin de Gethsémanie. Il vit encore. Impossible de dire son âge. Donne-lui de l’eau, détache-le, fais quelque chose, mais non, tu ne peux pas. Tu dois devenir témoin et complice des souffrances de cet homme qui a un prénom à la place de son matricule, à la place de son triangle bleu, qui retrouve en ce moment le visage de sa mère toute jeune et l’odeur des oliveraies. »
La critique:
« Par sa réflexion politique et historique, comme par sa vigueur romanesque et son rythme, Nos yeux maudits confirme le talent de l’écrivain. À ne s’en tenir qu’à l’écriture, Jonathan Littell ne tient pas la distance. Quant au "rendu" littéraire du nazisme : là aussi préférez Thomas. » Jean-Maurice de Montrémy, Livres Hebdo
« Le livre de David M. Thomas est porté par des dialogues à la rythmique célinienne, tranchante comme une feuille de boucher, avec une narration dont le souffle épique avait déjà contribué au succès du premier volume. » Franck Peyrot, le Populaire du centre
« Une force d’écriture qui permet de sonder l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire récente en y portant une lumière crue. David M. Thomas le fait en n’oubliant jamais de poser une nécessaire réflexion politique sur ce qu’il donne à lire et en s’attachant à rendre efficace une narration qui s’affirme (...) bien plus ample que dans son premier roman. » Jacques Josse, Remue.net
« Une écriture virtuose, bouillonnante servie par des dialogues percutants où la rigueur historique n'éclipse jamais la ferveur épique et romanesque. Talentueux ! » Claire Lebreuvaud, Librairie Anecdotes (Limoges)
« Merci David M. Thomas, ça faisait bien longtemps que je n'avais pas été bouleversée par un roman. » Sandrine Cros, Librairie Ouvrir l'œil (Lyon)
« Nos yeux maudits n’est pas seulement un roman sur la guerre, c’est une ode à la liberté soutenue par une langue superbe, qui vous prend aux tripes pour ne plus vous lâcher. » Stanislas Moussé, Librairie Coiffard (Nantes)
Lire aussi le superbe article dan Barricata n°21

Javi Larrauri
Une expo de peinture à Madrid
Depuis la nuit et le brouillard
Traduit par Ángeles Muñoz avec la collaboration de Sara Albert
Madrid, février 1939. La Guerre d’Espagne touche à sa fin. Leonor va connaître l’exode, la torture, la condamnation à mort, et les longues années de prison...
L’horreur quotidienne de l’univers carcéral franquiste tel que l’ont vécu des milliers de femmes et d’enfants est décrite ici par Juana Doña avec un réalisme sans concession et sans complaisance. Ce livre est son témoignage.
Écrit en 1967, publié seulement après la mort du dictateur, cet ouvrage, premier témoignage de femme sur les prisons franquistes, est devenu une référence indispensable pour pénétrer au coeur de la violence de la dictature de Franco.
L’auteure
Dernière femme condamnée à mort en Espagne, Juana Doña était, pour son ami l’écrivain Manuel Vázquez Montalbán, la « seconde dame du communisme espagnol », après la Pasionaria.
Née en 1918, à Madrid, Juana Doña entre aux Jeunesses communistes à 15 ans. Elle prend part à la défense de Madrid pendant la guerre civile avec celui qui allait devenir son mari, Eugenio Mesón, fusillé suite à un conseil de guerre franquiste en 1942. Arrêtée et soupçonnée d’un attentat contre l’ambassade d’Argentine, elle est condamnée à mort, sans preuves, en 1947. Suite à l’intervention d’Eva Perón, de visite à Madrid, sa peine est commuée : elle est condamnée à trente ans de réclusion. Elle restera en prison pendant près de vingt ans.
Vous pouvez l'acquérir auprès de Sueño Igualitario (20€)
La nada
Né en 1963 à Rennes dans une famille ouvrière, installé aujourd'hui en Normandie, Jean-Claude Tardif a publié quelques livres de poèmes dont De la vie lente (La Dragonne, 1999), Nuitamment (Cadex, 2001) et des récits : L'homme de peu (La Dragonne, 2002), Louve peut-être (La Dragonne, 2005) et Les jours père (La Dragonne, 2009) www.ladragonne.com
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« De q
uoi souffrent-ils ? De quoi ont-ils encore peur, ces morts qui sont un peu les miens ? Ils me le disent parfois quand souffle le vent, mais les haies de lauriers étouffent leurs voix comme la terre étouffait celle de la Catalogne. Cette voix chaude et soudain trop rouge. Rouge de ce silence sur les chemises blanches de la jeunesse, de ma jeunesse. Ils sont là ! Eux mes frères, garçons bouchers, charpentiers ou maquereaux, tous ceux qui pensaient leurs peaux trop claires pour porter le feu et le plomb par les chemins. L'un après l'autre ils se sont couchés au hasard de la route, de la barricade ou du pavé, les yeux étonnés. Ils sont là et partout éparpillés le long de ma mémoire, de ma langue, du bleuté de mes veines. »
Ainsi parle Antonio, le grand-père républicain exilé sur les côtes de Bretagne et, à travers lui, l'instituteur exécuté au petit jour sur la place du village, Pilar dans le printemps gitan, Doña Lobos la bienveillante déracinée, Gerda Taro la pequena rubia, compagne du photographe Robert Capa, morte à 27 ans à Brunete en 1937... Ainsi l'auteur donne t-il une voix à la multitude des hommes et des femmes qui furent sacrifiés en Espagne par la guerre civile dont la mémoire ne parvient pas toujours à démêler la grandeur de l'horreur.
Les fosses du franquisme
Les 'Fosses du franquisme' est un document essentiel pour comprendre la partie immergée de cet iceberg qu'est la transition démocratique espagnole. Pendant presque trente ans, les vaincus de la guerre civile d'Espagne ont accepté d'éprouver une amnésie volontaire pour faire renaître la démocratie. Emilio Silva et Santiago Macías, petits-fils de vaincus, rompent le silence qui a entouré les quelques 30.000 disparus des fosses franquistes. Dans la première partie, Emilio Silva nous raconte l'enquête qu'il a menée pour retrouver le corps de son grand-père, un républicain ordinaire assassiné parce qu'il était trop épris de liberté. Et comment ce combat est devenu une lutte politique pour qu'enfin soit reconnue par l'Espagne démocratique la mémoire de ces républicains oubliés. Santiago Macías, dans la seconde partie, propose un parcours exhaustif et méthodique dans chacune des dix-huit communautés autonomes d'Espagne, autour de ces fosses de la mémoire et de l'horreur.
Les petits-enfants des républicains espagnols témoignent.
Ce document est remarquable parce qu'il illustre ce passage de témoin que ces petits-enfants sont allés chercher, dans les tréfonds d'une histoire familiale, des mains de leurs grands-parents. Ce travail de citoyens engagés, qui demandent reconnaissance sans réclamer justice, complète le puzzle d'une histoire espagnole encore en train de s'écrire.
Un plat de sang andalou

De David Thomas
Gallois né en Angleterre le 5 octobre1959, David M. Thomas est fils d'ouvrier. Il a été partie prenante de la grande grève des mineurs britanniques dans les années 80. Il écrit en français et vit à Limoges.

Au fin fond de l'Andalousie, une
petite ville portuaire oubliée du monde est sur le point de faire la une de la
presse internationale. Il y aura des morts et des blessés. Des protestations et
des déclarations pieuses aussi. Puis Almeria retombera dans l'oubli, la guerre
civile espagnole se joue ailleurs : à Valence ou à Barcelone comme à Londres,
Paris et Moscou.
Le fils de docker londonien enseveli sous les bombes,
l'Allemand antifasciste déserteur de la Luftwaffe, la guerrillera réfugiée de
Málaga, le soldat italien promis à un sort des plus atroces et le chef
charismatique d'une ville incontrôlable qui ne se laissera pas désarmer, tous,
ils seront oubliés. Qu'importe. Barcelone tombera, Madrid tombera, mais les
petites gens d'Almeria résisteront jusqu'au bout.
Un plat de sang andalou est le premier roman
d'une trilogie qui retrace la terrible iliade des républicains espagnols, de la
guerre civile à la défaite, des camps de la mort nazis à la longue et
impitoyable dictature du général Franco
À propos de Un plat de sang andalou
« Un style narratif vraiment très neuf [...] qui annonce surtout un très bon écrivain. »
Jean-Maurice de Montrémy, Livres Hebdo
« Une écriture cousue main, des dialogues virtuoses, ciselés, des personnages bouillants, terriblement vivants. » Claire Lebreuvaud, librairie Anecdotes (Limoges)
« Un vrai coup de coeur. » La Nouvelle Vie ouvrière
« Un premier tome plein de fougue et d’énergie où les péripéties et rebondissements se succèdent à un rythme effréné. On attend avec impatience les deux prochains volets de cette première oeuvre ambitieuse, pleine de promesses... » Denis Lefuente, librairie Le Marque-page (Istres)
La mémoire à vif
Le nouveau
livre de Progreso Marin.
Après "
Exil: témoignages sur la guerre d'Espagne, les camps et
La_m_moire___vif___Exil_s_espagnols
vidéo:http://www.dailymotion.com/video/x8b7w2_livre-exiles-espagnols-la-memoire-a
L’Affaire « Reconquista de España »
Charles et
Henri Farreny del Bosque
1942-1944
- Résistance espagnole dans le Sud-Ouest
250 pages
- Editions d'Albret (Nérac, 47)
Date de parution : 25 février 2009
L'ouvrage
peut être commandé, souscription 15 € (au lieu de 18€) port compris
Chèque à l’ordre des AMIS DU VIEUX NERAC adressé à : Céline Piot, Chemin des Aiguillons 47230 Lavardac.
« L’Affaire
Reconquista de España » n’est pas une fiction. C’est une histoire vraie,
inédite, reconstituée ici à partir, principalement, de l’analyse d’archives
policières et administratives méconnues ou inexploitées pendant deux tiers de
siècles.
« L’affaire
Reconquista de España » n’est pas un titre sorti de l’imagination des
auteurs : ce fut l’appellation donnée par différentes autorités
vichyssoises à une vaste opération répressive, qui éclata au grand jour en Lot-et-Garonne, au début de juillet 1942, à la
suite de plusieurs mois d’investigations policières autour des réfugiés
républicains espagnols.
Deux mois
plus tard la répression rebondissait en région toulousaine et s’étendait à
divers autres départements. L’affaire connut des prolongements importants
pendant deux ans. Près de 200 Espagnols y furent impliqués. Pendant de
longs mois ils connurent la détention, la prison ou les camps. Une centaine
furent déportés par les Allemands.
Les
auteurs – Issus d’une famille de républicains espagnols, Charles et Henri
Farreny del Bosque agissent depuis des années au sein du mouvement associatif
pour la récupération de la mémoire de l’exil républicain et notamment de



























